Jour 18 – Samedi 20 août 2011, une journée splendide d’Agra à la rencontre d’une famille de villageois

Le réveil sonne de bonne heure, il est 7 heurestaj matin 08 du matin, nous ne voulons rien rater de la magie du Taj à l’aube. Stef est redescendu de la terrasse de l’hôtel où il lui est arrivé une petite mésaventure. Il fumait tranquillement lorsqu’il a senti plusieurs petites tapes amicales sur l’épaule. Croyant que c’était Titouan qui faisait le zouave comme à son habitude, il n’a pas réagi et puis devant l’insistance de la tape, il s’est retourné pour l’engueuler et s’est trouvé face à un singe grimaçant de toutes ses dents et qui lui ne rigolait pas !!!!

taj matin 34Direction le Taj où il y a déjà énormément de monde, surtout des Indiens. C’est toujours aussi beau, mystérieux et irréel dans la lumière blanche du matin. Nous jouons aux touristes et prenons beaucoup de photos. Nous sommes loin d’être les seuls d’ailleurs.

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taj matin 36Nous prenons ensuite la route pour la campagne. Nous allons dans la famille de Bharat, notre chauffeur et ami qui fait n’importe quoi sur la route. Lui qui d’habitude roule très tranquillement là il speede dans tous les sens. Nous ne saurons jamais si c’est l’impatience, le stress ou la frustration mais le retour de l’enfant prodigue est bizarre. Drôle de sensation. Il achète plein de bananes et des boîtes de gâteaux pour distribuer à toute sa famille. On a l’impression qu’il a des oncles et des tantes partout sur notre route.

Nous passons près d’une ville nouvelle avec des cités dortoirs entourées de zones vertes (le futur Delhi est en marche) mais ils ont encore un sacré boulot à faire avec l’eau, les égouts et les déchets.

L’accueil chez les beaux-parents est bizarre, il pose ses gâteaux et ses bananes sur un banc où est le frère de son beau-père qui ne nous salue pas. Nous sommes dehors sous un arbre, une dame âgée toute souriante arrive et vient nous offrir un bon Masala tea. Nous ne verrons ni l’intérieur de la maison ni la tête de sa femme, bizarre tout ça… et pourtant elle nous a préparé un repas traditionnel, chapatis, lentilles, patates épicées et quelques crudités.

countyside 14Nous faisons connaissance du fils de Bharat, Praxou qui est tout timide et regarde son père comme si c’était un étranger. Faut dire qu’ils ne se voient que tous les 2, 3 mois. Le petit est super mignon et finit par s’apprivoiser. Il finira le voyage sur mes genoux. Encore un truc de bizarre, nous partons comme des voleurs car tout à coup Bharat s’installe dans sa voiture, et nous fait signe de venir, il repart sans dire au revoir à sa famille qui pourtant nous a accueilli magnifiquement bien même si c’était à l’extérieur de la maison.

En chemin, encore une visite familiale chez des neveux et des cousins fort sympathiques. On nous offre encore le thé et une énorme chicha pour Stef. Nous ne verrons pas la femme de la famille qui continue de bosser ecountyside 09ntre les buffles et le jardin. Bharat se lève brusquement et s’installe au volant, c’est encore le signal du départ, cela nous surprend. Le petit de Bharat est tout fier d’avoir eu un billet de 20 roupies dans la famille. Il le garde précieusement dans sa main.

Encore une bonne demi-heure de route défoncée au milieu d’herbes de la Pampa, Stef est attiré par des effluves très odorantes, il n’y croit pas, il y a des plants d’herbe partout sur le bords de chemins mais pas de pieds femelles paraît-il.

countyside 14Arrivé comme un fou dans le village en s’enfonçant dans les ornières, Bharat nous surprend car d’habitude il soigne sa voiture. Impression générale : les pieds dans la merde, bienvenue au royaume du Moyen-Âge. On est effarés de voir de la résignation dans les yeux d’une petite fille de 6 ans qui n’arrête pas d’aller chercher de l’eau à la pompe, de balayer l’étable et de s’occuper des deux plus petits dont la fille de Bharat qui apparemment vit chez sa grand-mère. Les hommes ont la vie belle, ils papotent, fument assis sur leurs paillasses banquettes lits et les femmes n’arrêtent pas de trimer dur.

countyside 18Il n’y a rien de superflu ici, juste l’essentiel réduit à son plus strict minima, pas de frigo, pas de télé, peu de placards, pas de belles cuisines aménagées. Je réalise à quel point ma vie est différente, c’est un autre monde que nous découvrons… J’aide les cousines à préparer le repas avec la mère de Bharat très âgée, à même le sol. Je n’ai pas été autorisée à aller boire un verre chez les voisins parmi les hommes. Encore plus bizarre, un seul verre est sorti et Stef a l’honneur de l’utiliser. Au menu, lentilles aux épices, pommes de terre sautées et des chapatis.

Les filles essaient de m’enseigner leurs secrets mais nous ne pouvons pas communiquer. J’ai vraiment du mal à m’imaginer vivre ici.

Plein de monde vient nous voir, nous sommes les héros de la fête, le masala chaï au lait de buffle est délicieux. On nous installe un coin pour la nuit à l’étage dans le hall de vie sur des lits à l’indienne .Nous avons quasiment les étoiles pour tête de lit et avant de dormir, nous échangerons fort tard nos impressions sur ce monde qui nous déroute tous les trois.


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