Coup de coeur sur La Havane année zéro, un livre cubain

Depuis l’ouverture de Cuba cette année, je me suis promis d’aller y faire un tour. Cela est prévu en 2016 et en attendant, j’ai eu envie de d’en savoir plus sur cette île qui me fascine depuis de nombreuses années au niveau musical. J’ai eu envie de découvrir par la même occasion un peu de littérature cubaine (j’aime bien m’imprégner avant ou après un voyage de l’atmosphère littéraire d’un endroit). Pour le moment, je ne connais comme auteur cubain que Zoé Valdès.

Le livre que j’ai choisi est mené à la façon d’une énigme « mathématique ». Au fil des pages, on découvre des variables, des inconnues, des hypothèses et Julia, l’héroïne, une jeune mathématicienne de 30 ans qui vit à La Havane essaie de résoudre l’enquête. Autour d’elle gravitent 5 personnages :

  • Euclides, son maître à penser qui est aussi son ancien directeur de thèse et ex-amant
  • Angel, son bel amoureux qui éveille en elle une énorme tendresse et qui vit dans un beau quartier de La Havane
  • Léonardo, un écrivain mulâtre dont les mots la fascinent et la font voyager (elle n’est jamais sortie de Cuba)
  • Barbara, une journaliste pseudo-italienne très sûre d’elle et dont elle finira par être l’amie après l’avoir haïe
  • et Antonio Meucci, un personnage historique qui aurait inventé le téléphone à Cuba avant Graham Bell

« Le téléphone aurait été inventé dans cette île où il ne fonctionnait presque jamais ».

Julia, notre héroïne qui nous prend à témoin et nous interpelle en nous tutoyant très vite est le dénominateur commun entre tous ces personnages.

Le livre est très bien documenté, on apprend énormément d’anecdotes dur l’invention du téléphone et surtout sur Cuba en 1993, année nommée année zéro par les cubains. C’est une année de nombreuses pénuries. Il y avait sans cesse des coupures de courant, d’eau, de gaz, tout le monde circulait à vélo à cause des problèmes d’acheminement d’essence (tout le monde circule à vélo), les garde-mangers sont vides, il faut se servir de seaux pour remplir les réservoirs. La crise est à son point culminant, on se nourrit de riez aux pois cassés et de soja. Ironie du sort, le soja est plutôt un produit de luxe chez nous. On devine même le défaut national des cubains, je vous laisse le plaisir de le découvrir par vous-mêmes.

J’ai beaucoup aimé la description des hommes faite par Julia. Elle les décrit avec le vocabulaire mathématique utilisé pour définir les nombres ; ils sont entiers, naturels, complexes, réels…, une bien belle définition.

Il y a beaucoupLaHavane de mensonges, de trahison, d’affabulations et de manipulation dans ce livre. Qui dit la vérité ? Qui tire les ficelles dans l’histoire ? Y a-t’il un marionnettiste ? Une marionnette ? Qui est sincère ? A vous de le découvrir, le suspense reste entier jusqu’aux dernières lignes.

La Havane année zéro / Karla Suárez ; traduit de l’espagnol (Cuba) par François Gaudry. – Paris : Métaillée, 2012, 250 p . – (Bibliothèque hispano-américaine).

Grand Prix du Livre insulaire 2012


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