Un livre japonais à dévorer, Ito Ogawa : Le restaurant de l’amour retrouvé

Ce livre est un petit bijou de la littérature japonaise à l’ambiance toute feutrée et douce. C’est un livre d’un grand esthétisme, il m’a accompagné lors de mon voyage à Cuba. Grâce à cette belle écriture, j’ai voyagé au pays des saveurs, des douceurs sucrées, fruitées ou salées, amères, exotiques et de saveurs enivrantes. J’ai juste regretté qu’il n’y ait pas de véritables recettes dévoilées complètement mais dans ma tête, toutes ces effluves arrivaient presque à me faire croire que ces plats étaient là devant moi à porté de nez. Mais de quoi parle ce livre ? Est-ce un nouveau livre de cuisine ? Un livre de voyages ?

L’histoire nous entraîne au pays du Soleil Levant, dans la campagne japonaise et commence avec le désarroi de l’héroïne prénommée Rinco qui un soir trouve son appartement complètement vidé de tout en rentrant de son travail dans un restaurant turc.Tout a disparu, le mobilier, ses ustensiles de cuisine et toutes ses économies. La seule chose que son petit ami indien a laissé derrière lui, c’est le pot de saumure de sa grand-mère. Ce pot renferme à lui tout seul tous ses précieux souvenirs d’enfance. Rinco décide sur le champ de quitter la ville et de repartir vers son village natal où elle n’est pas revenue depuis 10 ans.

A l’instant où elle trouve son appartement vidé de sa substance, sa voix disparait et devient transparente. Elle ne communique plus que par phrases écrites sur des fiches. Les retrouvailles avec sa mère qui tient le bar « Amour » sont très froides et distantes. Mais munie de sa précieuse jarre, Rinco décide de s’installer au village et de monter son propre restaurant dans le jardin de sa mère. Kuma, son vieil ami croît en elle et l’aide à monter son projet. « Chaque élément du paysage éveille en moi des souvenirs émus », d’un figuier où elle grimpait quand elle était petite à Papy Hibou toujours présent par ses hululements la nuit. C’est la divinité protectrice de la maison. Il faudra attendre la fin du livre pour connaître la vraie histoire de Papy Hibou ; un très beau moment à délecter.

Un drôle d’animal accompagne ses journées, c’est Hermès, la cochonne de sa mère qui apparemment est plus qu’un cochon domestique pour sa maman qui semble porter plus d’affection à l’animal qu’à sa propre fille avec qui les relations sont tendues et distantes. Elles n’arrivent pas à se montrer leur amour.

Rinco veut faire de son restaurant un endroit à part « comme un lieu déjà croisé mais jamais exploré ». Le titre du livre est très beau et reflète bien l’histoire de ce lieu où les convives repartent changés à tout jamais. L’Escargot est un restaurant unique où on ne sert qu’une seule table par jour mais quelle table !!! Tous les menus sortent de l’imagination créatrice de Ringo qui concocte des plats en fonction des émotions que dégagent ses convives. Ainsi, on rencontre une veuve toute triste, une petite fille qui a de la peine pour son lapin anorexique, un couple d’amoureux transi. Toutes les émotions ressenties par Rinco donnent un goût sucré, salé ou épicé à ses créations culinaires. Grâce à sa cuisine, Rinco donne du bonheur aux gens.

Ce livre que j’ai adoré, vous l’aurez compris, aurait pu tout aussi bien s’appeler « Les Saveurs miraculeuses ». Un conseil, dévorez-le…

Ito

 

 

 

 

 


2 réflexions sur “Un livre japonais à dévorer, Ito Ogawa : Le restaurant de l’amour retrouvé

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