Kampot, ses poivriers et ses marais salants

kampot-15-1Après un petit déjeuner tout simple pris à la guest house (café ou thé au jasmin, baguette, beurre, confiture), on décide de louer un scooter à la journée (prix $5) car le ciel est grand bleu. Stef vérifie tout, le scooter est rutilant de propreté, c’est un détail mais vous verrez ce soir ce ne sera pas la même chose à notre retour. Nous mettons 2 dollars d’essence dans le réservoir et nous voilà partis en direction des marais salants que nous ratons malgré les explications précises que nous avions obtenues.

 

Nous prenons un chemin de terre à gauche en direction d’une plantation de poivre appelée « La plantation ». Le chemin est très boueux mais qu’importe, la saison des pluies est derrière nous, place à la saison sèche. Vu l’état du chemin, il a du bien pleuvoir ces derniers jours mais là il fait super  beau. Il est d’ailleurs temps de rentrer le riz qui est bien mûr. Des paysannes ramassent le riz devant nous, on voit aussi du riz en train de sécher devant les maisons en bois. Ici, les poules le picorent visiblement. Au cours de la ballade, on en verra aussi en fagots devant une maison.

kampot-15-79

kampot-15-7

 kampot-15-15

Les vaches sont toutes maigres mais ont droit à de beaux paniers d’herbe. Elles sont attachées à des poteaux surement pour les empêcher d’aller dans les rizières toutes proches. De loin en loin, on voit des plantations de canne à sucre au milieu des rizières. Le paysage est ravissant, on se régale de faire la balade en moto malgré tous les soubresauts dus aux ornières vu que les trous ne sont pas toujours faciles à éviter et Stef, avec ses mauvais yeux, a tendance à ne les voir qu’au dernier moment. C’est pas très bon pour le dos mais qu’importe, j’adore ces découvertes en scooter au hasard de nos envies.

kampot-15-12

 

kampot-15-27Au bord d’un joli lac, on voit un passage à gué que les gens du coin traversent en scooter. L’espace d’un instant, les motos deviennent propres. Nous suivons toujours la direction indiquant la Plantation. Déjà 16 kilomètres que nous roulons cahin-caha et nous arrivons devant une propriété entourée de barbelés et de caméras. La vue y est sublime. C’est typiquement le genre d’endroit où je pourrai poser mon sac quelques mois.

kampot-15-28

 

Les parcelles de poivre sont recouvertes et palissées tout autour de feuilles de cocotiers sèches. Nous sommes accueillis par un personnel très souriant et le boss, un belge d’une cinquantaine d’années s’est installé au Cambodge en 2013. C’est incroyable tout ce qu’il a mis en place en 3 ans et tous les projets qu’il a en tête, notamment celui de faire de la lacto-fermentation sur le poivre. C’est un homme incroyable et immensément riche de choses à partager. Il a énormément investi mais est largement payé en retour. Grâce au travail de la Plantation, 150 familles, soit environ 1000 personnes vivent mieux. Les ouvriers sont payés 150 dollars par mois, ont droit à 3 repas par jour, bénéficient d’une sécurité sociale payée par l’entreprise et leurs enfants vont gratuitement à l’école primaire et secondaire. Ensuite, chaque année, les 3 plus méritants ont droit à une bourse pour poursuivre leurs études. C’est un beau projet socio-économique et une très belle aventure humaine dans le respect de l’environnement.

kampot-15-32

kampot-15-54kampot-15-38kampot-15-56

A quoi ressemble un poivrier me direz-vous ? C’est une liane qui monte sur des poteaux pendant 4 ans. Les 3 premières années, on enlève les fleurs pour ne pas fatiguer les pieds. Il faut 50 litres d’eau par pied deux fois par semaine. La Plantation couvre 200 ha et a le label bio. Chaque poivrier produit 2 kilos de poivre (Au Vietnam, le rendement peut aller jusqu’à 8 kilos parait-il par pied et certains n’hésitent pas à le vendre pour du poivre de Kampot). Les grains de poivre sont cueillis un à un. A la boutique, nous achetons du poivre long, du poivre rouge et du noir. Ils sont plein de saveurs et chose étonnante, c’est bien la première fois que je n’éternue pas en sentant du poivre.

 kampot-15-35

kampot-15-62Nous visitons aussi la plantation de curcuma qui en fait est un rhizome qui est ensuite pilé. Il y a aussi des fruits de la passion. Dans nos têtes, on retient l’expérience de Mr Guy qui a tout plaqué en Europe pour venir tenter un projet en Asie. Il a choisi de faire le mieux possible au niveau qualité pour son poivre. Quelle belle aventure humaine ! J’apprécie le côté social de cette histoire. Quand on quitte la propriété, il nous dit « Vivez vos rêves à fond et lancez-vous un jour pour vivre en Asie « 

 kampot-15-82

Le retour sur la ville de Kampot est tout aussi boueux. En chemin, on bifurque vers les marais salants que nous avions raté le matin. On ne voit que des bassins vides, pas un gramme de sel à l’horizon mais les paysages sont jolis et la ballade bien agréable. Nous longeons la rivière jusqu’à Kampot et passons dans un village de pêcheurs qui est bâti sur pilotis. Apparemment, ce quartier est d’obédience musulmane car nous rencontrons pas mal de femmes qui sont voilées.

kampot-15-98

 

Nous prenons le midi vers 14 h 30 avec des crevettes au riz à la Pizza Happy Kampot en bord de rivière. Qui voit-on en train de se balader dans les rues de Kampot ? Notre amie Camille qui nous rejoint et nous raconte sa ballade en vélo avec un cyclo pourri mais de quoi se plaindre ? A sa guest house (Chim’s Guest House), la location des vélos est gratuite. Nous décidons de nous retrouver vers 16 h 30 près de l’embarcadère pour faire la ballade fluviale sous fond de coucher de soleil et ainsi nous pourrons aller à la rencontre des lucioles. En fait, la ballade est annulée car le bateau qui proposait la promenade la veille a coulé. Une chance que l’envie de gouter le cidre de Kampot a été la plus forte hier soir car nous avions hésité à faire cette sortie la veille.

 kampot-15-106

Nous achetons nos billets pour partir au Vietnam à Cau Cho le surlendemain car demain on a décidé de faire une halte chez le copain de Stef qui s’est installé à Kep et de faire connaissance avec sa famille. Nous faisons une ballade à pied le long de la rivière et profitons du coucher de soleil. La vue est plutôt jolie du pont, notamment la luminosité. Nous assistons à un ballet sur l’eau de tous les bateaux qui partent en mer et profitent de la marée. De retour en ville, il est temps de dîner, il est à peine 19 heures mais nos estomacs ont tous faim, on a l’impression qu’il est au moins 21 heures. On va au restaurant de la Captain Chim’s qui est délicieux et pas cher du tout (moins de 4 dollars le plat). Nous nous régalons de lok lak ou du fameux amok que j’aime tant.

kampot-15-109

 

La température de l’air est toute douce, il fait aux alentours de 25 degrés le soir et on en profite pour prendre un dernier pot sur un bateau amarré sur la rivière. Nous passons le reste de la soirée à discuter avec Camille avec qui nous avons passé de super moments ces jours-ci. Demain, chacun prend une route différente mais qui sait ? On se retrouvera peut-être encore sur le chemin du côté du Vietnam. Retour à la guest house en scooter tout crotté de notre ballade vers les champs de poivre. Ma foi, c’est bien agréable de rentrer en deux-roues surtout avec ces températures toutes douces.

 

Kampot, Mardi 15 novembre 2016

 

 

 

Hébergement à Kampot 

Ta Eng Guest house, éloignée du centre (15 minutes à pied) mais très calme

Propre, jardin sympa, les chambres donnent sur le jardin, résa via Agoda, 32 euros pour 2 nuits à 2

 

Restau sympa : Captain Chim’s Guest House, Kampot (plats à moins de 4 dollars)

 

Plus d’info sur La Plantation : http://kampotpepper.com/

 

 

 

 

 


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s