Sur la route de l’état Chin : Pakkoku la campagnarde

La route est longue jusqu’à Mindat où Stef rêve de se rendre pour voir des femmes au visage tatoué. Aussi, nous faisons une étape intermédiaire jusqu’à la ville de Pakkoku. Après un buffet royal à l’hôtel, nous prenons un tuk-tuk réservé la veille pour 2000 kyatts (1.25 euro) qui nous amène à la gare pleine d’effervescence. De jeunes femmes portent des paniers bien remplis de sucreries, de fruits ou de boissons sur la tête. Nos sacs sont bien arrimés sur le toit du mini-van et voyagent en compagnie de coqs en cage qui chanteront pendant les 3 heures que dure notre périple en bus.

Pakkoku 13-4Nous arrivons à Pakkoku, un gros bourg où il n’y a ni tuk-tuk, ni taxi et encore moins quelqu’un qui parle anglais. Par le plus grand des hasards, un jeune birman interpellé par un homme plus âgé dans la rue vient nous aider ; C’est un étudiant et il est ravi de rencontrer des étrangers. Nous prenons une sorte de bétaillère avec lui où le conducteur déroule une natte propre pour nous asseoir. Ils nous amènent jusqu’à une autre station de bus mais en guise de gare routière, il n’y a que deux bus dans la cour d’une maison. En effet,  c’est de la cour intérieure d’une petite maison que partent les bus pour Mindat.  Nous réservons donc notre ticket pour le lendemain  (7300 kyatts le billet, soit 4.50 euros). Le bus partira à 7 heures du matin et ils promettent de venir nous récupérer à l’hôtel à 6 h 30.

De là, notre chauffeur et le charmant étudiant nous amènent à notre hôtel, le Thiri Yatanar Hotel, que nous avons réservé sur Agoda. Mais il est complètement en dehors de la ville au milieu des champs. Par contre, nous avons droit à une belle chambre bien spacieuse. Au moins, nous serons au calme à la campagne. C’est vrai qu’avec Agoda, il faut faire attention car les hôtels ne sont pas toujours bien indiqués au niveau distance par rapport au centre des villes.Et là, nous sommes à au moins 4 kilomètres du centre et des animations de la ville.


Vu que le thé est en libre-service dans la chambre, je m’offre un verre pendant que Stéphane se fait une petite sieste. Je cherche un hébergement pour Bagan tant que nous avons le wifi et cette fois-ci, je fais extrêmement attention à la situation de l’hôtel où nous serons dans quelques jours. L’hôtel où nous sommes aujourd’hui est très récent, il est entouré d’un beau jardin mais déjà on entrevoit le manque de soin, des moutons sous le lit, les murs sont déjà abimés mais bon voilà ce n’est pas bien grave pour une nuit.

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Comme nous sommes loin de tout et qu’on a tout un après-midi à passer, nous partons à la découverte des environs immédiats et il se trouve que ce choix s’avèrera juste génial. Au hasard des rencontres, nous avons vu plein de métiers différents, des manières de vivre, certaines personnes nous inviteront à entrer chez elles. En fait nous allons passer un après-midi à partager des sourires avec des femmes et des enfants, les hommes un peu moins et la déconvenue du début d’après-midi en débarquant dans un endroit loin de tout sera vite oubliée.

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La ballade commence par la visite d’un petit monastère situé juste en contrebas de l’hôtel où les plantes grasses servent de palissade. Premier arrêt surprenant, il y a de grandes bâches posées sur le sol et des piments rouges sèchent au soleil.

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Puis, devant une maison on entend le clic-clac d’une machine et par la porte ouverte, on s’aperçoit qu’il s’agit d’un métier à tisser actionné par une jeune femme. Elle nous invite à entrer chez elle avec un grand sourire et nous montre le fruit de son travail très coloré.

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Pendant que les femmes tissent, les hommes aux dents rougis par le bétel jouent au carrom dans la rue. On croise aussi une femme en train de filer des bobines de fil. Les longs écheveaux colorés sèchent au soleil dans la rue.

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Une vieille dame nous fait signe de la suivre et nous fait traverser toute sa maison pour entrer dans la cour intérieure où il y a un atelier de fabrication d’huile d’arachide. Elle nous montre toute la chaîne de travail depuis le tri des cacahouètes jusqu’à la récupération de l’huile dans des pots.

A force de tourner à gauche puis à droite puis d’aller tout droit avant d’emprunter le troisième chemin à gauche puis le deuxième à droite (enfin ce n’était peut-être pas tout à fait dans cet ordre mais promis ça y ressemble ; en fait on choisissait les chemins en fonction de l’ombre car il faisait vraiment chaud sur Pakkoku), nous arrivons face à la rutilante caserne de pompiers puis nous entrons dans une librairie de livres d’occasion que je trouve bien sympa.

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Sur le chemin du retour vers l’hôtel, encore des surprises nous attendent en route. Au hasard d’une allée, une femme est installée devant chez elle sur une estrade, jambes croisées et elle prépare des cigares qu’on appelle ici des « cheerots ». Ce sont des cigares qui n’ont rien à voir avec les cigares cubains qu’on avait découverts à Vinales à Cuba. Ici, on n’utilise pas les feuilles de tabac mais on met du tabac haché dans une feuille de « thanaphet », un arbre fruitier. Les filtres sont fabriqués avec des petits rouleaux de feuilles de maïs. La dame est très rapide et nous montre son travail. Elle fait une drôle de tête quand elle voit Stef fumer ses cigarettes roulées.

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A Pakkoku, nous remarquons que beaucoup de familles élèvent leurs cochons mais aussi il y a pas mal de poules. Avant de rentrer à l’hôtel, nous visitons un autre atelier de torréfaction de cacahuètes. Les hommes qui y travaillent supportent des températures plus que caniculaires dans leur travail quotidien.

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Pakkoku 13-40Nous finissons la soirée à l’hôtel ; nous sommes trop éloignés de la ville pour essayer d’y trouver un petit restaurant, aussi nous nous rabattons sur celui de l’hôtel et il s’avère qu’il est excellent notamment le porc sauce aigre-douce avec ses légumes croquants. La soirée s’achève tôt car demain, le départ est prévu à 6 h 30 de l’hôtel qui nous a promis de nous donner un panier déjeuner vu que la salle de restaurant n’ouvre qu’à 7 heures.

 

A Pakkoku, 13 août 2017

 

Hébergement

Thiri Yatanar Hotel, Beside Asean Road, prix 21 euros,

éloigné du centre (4 kms), restaurant excellent, joli jardin, campagne environnante intéressante


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