Pindaya ou la Grotte aux 8000 Bouddhas

Je sens que je vais haïr le croassement des corbeaux et les clochettes qui accompagnent les moines qui partent demander l’obole dès 6 heures le matin car l’ensemble m’a réveillée très tôt. De plus, il y a eu des chants religieux dès 4 heures du matin au monastère voisin. Certes, c’était très beau mais un tout petit peu plus tard, cela aurait été parfait pour un réveil tout en douceur. Le déjeuner qui nous attend est simplement divin : jus d’orange, café, thé, œufs frits, toasts, brioches, pancakes et des fruits à volonté : ananas, banane et fruit du dragon.

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Coffre-fort ouvert sans surveillance

Nous allons à la banque pour changer une centaine d’euros. Le taux est ici meilleur que celui de Bagan, 1 euro pour 1582 kyatts. Et là, on assiste à un truc complètement inimaginable en France. On nous laisse entrer alors que la banque n’est pas encore ouverte aux clients, le coffre-fort est grand ouvert et un ballet incessant de jeunes filles sort des liasses de billets à deux mètres de nous et les posent sur une table. Ensuite, chacune d’entre elles les recompte et dépose les paquets de billets sur une petite estrade sous le guichet. Trois hommes viennent ensuite prendre des caisses entières de billets de banque pour recharger le distributeur sans aucun stress, sans aucune arme apparente et le plus naturellement du monde.

Les groupes de trekking débutent leur ballade à pied vers le Lac Inlé à trois jours de marche d’ici. Le ciel reste bien menaçant. Nous, on récupère notre taxi à la toute petite agence en face de la banque. Pour 35.000 kyatts (21 euros), nous partons pour Pindaya (les autres agences demandaient toutes 40.000).

La région traversée est très agricole. Visiblement, nous sommes en pleine saison des choux verts et des choux fleurs. Des charrettes entières sont garées le long des champs et nous assistons au chargement des légumes qui vont partir à destination de Mandalay ou de Yangoun. Il y a aussi des champs de gingembre, de maïs, de pommes de terre et des rizières. Pour la première fois, on découvre le taro, un légume-racine qui ressemble à la patate douce et qui pousse les pieds plantés dans l’eau comme le riz. Les feuilles sont également récoltées. Nous voyons aussi des plantations de thé. Dans cette région, on travaille à l’ancienne avec les bœufs.

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A l’entrée de Pindaya située à 1200 mètres d’altitude sur un plateau, nous devons nous acquitter d’un droit d’entrée en tant que touristes. Le coût est de 6000 kyatts ou de 5 dollars. Notre chauffeur nous propose de visiter un atelier de fabrication d’ombrelles et de papier shan. On nous montre toutes les étapes de cette vieille tradition familiale. Le papier shan est issu de la fibre du mûrier qui est un arbuste que l’on trouve en abondance dans la région de Pindaya. Il s’obtient à partir d’une pâte végétale composée de mûrier sauvage auquel on ajoute de l’eau.

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On fait sécher le papier au soleil sur des grands tamis faits d’un cadre de bambou autour d’une toile de coton très fine. Suivant le temps qu’il fait, le temps de séchage est compris entre deux heures et une journée. Quand le papier est bien sec, on peut alors l’utiliser pour fabriquer des ombrelles ou pour faire des albums, des marque-pages, des éventails ou des lanternes. Des pétales de fleurs ou des petites feuilles peuvent être ajoutées sur la pulpe de papier juste avant le séchage à l’air libre.

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Dans cet atelier familial, les ombrelles sont fabriquées entièrement à la main. L’armature de l’ombrelle est faite en bambou, un bois qui est à la fois très solide et très souple à travailler.

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Nous reprenons la route pour nous rendre à la Grotte aux 8000 bouddhas, un lieu étonnant et envoutant à la fois. Nous nous laissons gagner par la magie du lieu en milieu naturel. C’est juste magnifique et ça valait vraiment le détour. L’entrée de la grotte coûte 3000 kyatts (1,80 euros) à laquelle il faut ajouter un droit de prendre des photos à 300 kyatts. Les Birmans, eux, ne paient rien.

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Dans cette cavité naturelle, il y a effectivement au moins 8000 bouddhas dans tous les coins et recoins de la grotte. Ils ont été déposés là en offrande par des donateurs et sont régulièrement recouverts de feuilles d’or. Il règne une atmosphère mystique dans cette grotte éblouissante. A croire que c’est un lieu de ferveur religieuse importante si l’on considère le nombre incroyable de visiteurs birmans qui prient ou se recueillent. Certains touchent une stalactite toute noire d’humidité et se touchent ensuite les cheveux pour attirer l’œil des bons esprits.

Les plus anciens bouddhas datent du XVIIè siècle mais il semblerait que de nouvelles statues soient encore déposées régulièrement. De retour à l’hôtel, nous continuons de préparer l’itinéraire des jours suivants mais pour le moment, nous ne sommes pas d’accord sur le circuit que nous faisons au jour le jour, aussi, petite sieste pour calmer les esprits.

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En fin d’après-midi, nous allons faire un tour en ville et là, nous découvrons la Lo Ka Nat Art Gallery tout près de l’entrée du marché. Nous sommes séduits par les peintures de Than Aung. On dirait de vraies photographies. Stef est sous le charme des peintures des femmes Danu, une minorité ethnique aux foulards orange bien colorés. Nous rencontrons également de vraies femmes de ces tribus mais elles remontent vers leurs villages.

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Puis, notre ballade nous emmène vers des quartiers plus résidentiels et bien fleuris. Le trekking doit être une activité qui rapporte pas mal d’argent vu le nombre considérable d’agence et le nombre incroyablement élevé pour une ville de montagne de maisons cossues et de belles voitures. Juste à côté d’une belle maison coloniale en bois, nous repérons un restaurant qui nous plaît bien, le Gloria Restaurant qui a ouvert il y a 7 mois. La décoration est moderne et très originale. Des soliflores avec de belles roses sont posés sur les tables. Le personnel est jeune et très sympathique. Pour 14.000 kyatts (8.75 €), nous avons eu un repas vraiment exquis, notamment mon poulet aux noix de cajou. C’est une excellente adresse à essayer.

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En rentrant à l’hôtel après une soirée très agréable, nous repassons devant la galerie d’art encore ouverte et là Stef fait comme moi au Viet Nam à Hoï An. Il craque devant une belle toile que nous aurons plaisir à regarder dans notre maison de la Drôme. Nous penserons longtemps aux femmes des ethnies de la région.

Kalaw, Lundi 21 août 2017

 

Hébergement : Dream Villa Hotel

Adresse : Zatila Street, Quarter 5, Kalaw, Myanmar

Tél : (+95-81) 50144

E-Mail : dreamvilla@gmail.com

Prix : 18 euros à 2, petit déjeuner compris, wifi, excellent accueil, belles chambres lambrissées


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