De Darjeeling à Bodhgaya la ville sainte : un périple de près de 20 heures

Darjeeling 01fev-6Les pigeons qui nourrissent leurs bébés dès 6 heures du matin dans les anfractuosités du mur extérieur de l’hôtel nous réveillent bien tôt. Très vite, Stef me met la pression pour sortir de sous ma couette car le brouillard qui nous accompagnait jusque-là s’est levé et paraît-il que la montagne qui domine la ville est enfin visible. En effet, cela vaut vraiment le coup d’œil, la vue tant attendue est enfin là et vraiment Darjeeling est magnifique avec son décor de carte postale. Si nous n’avions pas déjà réservé une nuit à Bodhgaya, je serais bien restée un jour de plus pour m’en mettre plein la vue mais bon voilà, nous devons redescendre dans la vallée.

darjeeling1

Nouvelle pression de Stef pour déjeuner au plus vite car il faut que nous soyons au terminal de bus de Siliguri vers 13 h 30 pour avoir une chance d’avoir un autre  aujourd’hui et il a peur que ce soit difficile de trouver une jeep. La chance est avec nous ce matin puisque nous avons droit au ciel bleu, au soleil mais il fait bien froid autour de cinq degrés et une jeep s’arrête à peine nous sortons de la guest house. En plus, c’est le bon prix (150 roupies par personne) et il ne reste que deux places sur la banquette arrière.

darjeeling2

Le soleil change toute la perception des villages traversés et donne du contraste aux couleurs. A peine sortis de Darjeeling, nous croisons le Toy Train (train miniature classé au Patrimoine mondial de l’Unesco et à son célèbre écartement des rails de soixante centimètres). Il descend jusqu’à Ghum et Kurseong. Le chauffeur prend une route différente de celle de l’aller avec des dénivelés beaucoup plus forts au milieu des plantations de thé bien étagées, d’une immense forêt de yuccas géants, de bambous et des mêmes arbres que nous avions vus sur le site d’Angkor au Cambodge. Nous rejoignons la route prise à l’aller au niveau de la base militaire.

Darjeeling 01fev-13

A peine arrivés à Siliguri 3 heures plus tard, nous rangeons les doudounes au fond du sac à dos que nous laissons à l’hôtel Mount View où nous avions logé quelques jours plus tôt et nous rendons à la gare de bus. La température n’est pas du tout la même qu’à Darjeeling et il faut ranger les épaisseurs. Là encore, la chance nous sourit car nous trouvons un bus qui part le jour même à 16 h 30. Le billet coûte 550 roupies par personne (environ 7 euros) en siège normal, nous ne prenons pas de couchettes et nous le regretterons plus tard dans la nuit.

sili2

Nous faisons un petit tour à pied dans Siliguri vers la rivière qui est infestée d’ordures. Les baraquements sont rudimentaires et les gens vivent une grande partie de la journée dans la rue. Sur les murs d’une maison, des bouses sèchent au soleil. En allant vers le marché, les façades des maisons deviennent colorées et une vieille dame donne à manger à une vache devant chez elle.

sili7sili5

Stef profite de l’attente pour se faire raser et est ravi de retrouver une peau de bébé toute douce. Nous déjeunons de lentilles et d’un bon riz biryani végétarien. Il nous reste encore deux bonnes heures à traîner dans les rues de Siliguri avant de rejoindre la gare routière. Dans la salle d’attente, il y a déjà plein de monde et pas mal de sacs dans chaque recoin. Les saris et autres tenues indiennes refont leur apparition car à Darjeeling, ce n’est pas vraiment la tenue adaptée. Juste à côté de moi, une dame a ses pieds tatoués en rouge et porte une belle chaîne en argent à la cheville, une très belle bague en forme de cœur autour de ses doigts de pied, un piercing doré à la narine et plein de bangles autour des poignets.

Darjeeling 01fev-21

C’est incroyable ce que les bus peuvent charger sur leurs toits : des vélos, d’énormes sacs de riz et autres choses étonnantes.  A l’avant d’un bus, un chauffeur change les colliers de soucis et d’œillets d’Inde qui décorent le pare-brise pour des fleurs toutes fraîches. L’attente est longue d’autant plus qu’il se sont mis en tête de charger une moto de police sur le toit à la seule force des mains, des bras et d’une vieille corde. Là encore, « Incredible India » est devant nos yeux ébahis.

Darjeeling 01fev-39

 

sili4
Entrer une légende

Nous quittons Siliguri vers 17 heures. La nuit n’est pas facile sur les sièges vieillots mais inclinables d’autant que plusieurs Indiens sont incorrects, ils parlent fort, écoutent des vidéos à fond sur leurs portables sans écouteurs, ils rotent à « voix haute » et sans gêne sans se préoccuper le moins du monde des voisins. Certains essaient quand même d’engager la conversation.

 

gene

En pleine nuit, panique à bord en plein milieu d’un carrefour, le bus tombe en panne et n’arrive plus à démarrer. Qu’à cela ne tienne, le copilote prend une longue perche en acier pour taper sur le démarreur, rien ne se produit, un passager vient l’aider, idem. Du coup, ils appellent à l’aide et une dizaine de passagers descendent du bus pour le pousser. Miracle, il redémarre et le chauffeur n’arrêtera plus le moteur jusqu’à Bodhgaya où nous arrivons aux alentours de 9 heures le lendemain matin.

Le bus nous laisse à 12 kilomètres de ce qui était annoncé sur le billet, dans une vieille station toute pourrie à Gaya où nous sommes assaillis par une meute de chauffeurs de rickshaws. Stef s’enerve, tape sur la main d’un chauffeur qui voulait embarquer son sac à dos de force et en choisit un plus discret qui nous amènera à l’entrée de la ville de Bodhgaya car il n’a pas le droit d’aller plus loin.

gaya

Nous partons donc à pied avec nos sacs à dos et là, un vrai coup de chance. Un homme s’arrête et nous emmène gratuitement à notre hôtel, la Sakura House où l’accueil est plus que chaleureux et la chambre nous convient tout à fait. Nous prenons une boisson chaude sur la belle terrasse d’où il y a une vue sur quelques temples. J’apprécie de lézarder un peu au soleil. Un peu de lessive et nous voilà partis à la découverte de cette ville sainte. Alors rendez-vous au prochain article.

 

Bodhgaya, Vendredi 2 février 2018

Hébergement : Sakura House, Behind Banglasesh Temple, résa via Agoda

Email : sakurahouse@gmail.com

Website : www.sakurahouse.in

Prix : 1700 roupies, 22.50 euros, eau chaude entre 5 et 10 heures matin et soir, wifi de qualité, petit déjeuner complet et royal sur la terrasse inclus

Excellent endroit, une adresse à recommander à deux pas de tout où nous reviendrons avec plaisir

 

 


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s