De Vârânasî à Khajurâho, deux villes, deux styles différents

Pour nous rendre à Khajurâho, notre prochaine étape, nous avons prévu de prendre l’avion afin de gagner du temps sur notre itinéraire d’autant plus que le trajet est abordable (70 euros par personne via Jet Airways). Pour nous rendre à l’aéroport distant de vingt-trois kilomètres, nous avons demandé à l’hôtel de nous réserver un taxi (860 roupies (11.50 €). Il y a pas mal de trafic sur la route et à un moment donné, le taxi se trouve face à trois engins, des rouleaux à goudron qui bloquent la route sans aucune signalisation. Nous ne pouvons aller plus loin, aussi toutes les voitures font demi-tour et c’est un « joyeux bordel » pour emprunter la chaussée opposée où circulent déjà pas mal de véhicules à contre-sens. Nous mettons presque 1 h 30 pour arriver à bon port et c’est un peu juste car il est prévu que l’avion décolle dans un peu moins d’une heure.

Les douaniers accélèrent les formalités d’enregistrement et nous n’attendrons qu’une petite vingtaine de minutes avant d’embarquer. Pas un indien à l’horizon à part l’équipage à bord de l’Airbus. Nous atterrissons à Khajurâho avec presque un quart d’heure d’avance dans un petit aéroport provincial ultra-moderne. Un taxi nous amène à l’hôtel Zostel Khujaraho en plein centre du village célèbre pour son site archéologique. Il nous convient parfaitement. Stef sort fumer une cigarette et se fait déjà des amis dans le village.

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Nous allons manger un plat de lentilles en terrasse au Restaurant Bella Italia. En sortant, nous tombons sur une connaissance de Stef qui nous propose de nous faire visiter gratuitement son village en sa compagnie. Il nous amène au premier temple de notre circuit, le Ghantai Temple. La visite dans le vieux village est très agréable, j’ai même failli créer l’émeute en prenant deux enfants en photo car d’autres voulaient aussi se joindre à eux.

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Nous apprenons que lorsqu’il y a un mariage dans une famille, des fresques sont peintes sur les murs extérieurs pour souhaiter la bienvenue à la belle-famille. Dans la rue, des femmes font la vaisselle avec l’eau du puits, une petite fille s’applique studieusement à recopier des lettres de l’alphabet sur un cahier sur le perron de sa maison, d’autres enfants qui ne vont pas à l’école nous réclament des stylos ou des roupies. Ce petit village est très paisible. Apparemment, il y a beaucoup d’écoles privées mais une grande majorité des enfants ne fréquente pas l’école.

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Nous visitons le « Jivari Temple » consacré à Vishnou. Le guide du site nous montre nos premières scènes érotiques et elles seront légion et très belles le lendemain. Il y a un gardien par temple payé par « l’Archaeological Survey of India ». Ils sont sur le site toute la journée par période de 8 heures et se relaient même la nuit. Si quelqu’un est pris en train de détériorer le site, il est passible d’une peine de prison de 3 mois  assortie d’une amende pouvant aller jusqu’à 5000 roupies (près de 70 euros).

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La ballade à pied se poursuit jusqu’au « Vamana Temple » où chaque balcon est surmonté d’un éléphant. On observe un puits profond où l’on voit un nid de tisserand. Tout autour de ce petit promontoire, des bouses de vaches sont en train de sécher au soleil mais aujourd’hui il fait frais et c’est un peu nuageux. On a eu droit aussi à un petit peu de pluie ; les paysans sont ravis car la saison a été très sèche jusque-là.

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Nous apprenons que les familles les plus pauvres élèvent et mangent des cochons. Nous passons devant le Lac Ninora avant de revenir à la partie plus récente de Khajurâho. Sur l’ensemble des sites,, il paraît qu’il ne reste plus que 22 temples sur 85 temples bâtis entre les IXè et XIè siècles.

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De retour au centre du bourg de Khajurâho, notre ami indien qui nous a accompagné tout l’après-midi nous amène comme on s’y attendait, on se demandait juste quand cela arriverait, dans la boutique où il travaille six mois par an pour un salaire de 3000 roupies (40 euros). L’autre moitié de l’année, il bosse au Cachemire où il tisse des tissus pour un salaire de 10.000 roupies (133 euros). Il y est nourri, logé et envoie l’argent à ses parents âgés pour les aider. Les écharpes en pashmina sont tellement belles que je finis par craquer après une âpre bataille de négociation. Notre guide nous offre ensuite le thé au Lassi Corner, un petit bar sympa puis Stef lui offre une bière. La discussion est hyper passionnante sur la vie en Inde, en Europe, les naissances, la mort, la famille, la vraie vie quoi !

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En soirée, nous dînons dans un restaurant où les gens sont complètement étonnants, un moment incroyable de douce folie. Le seul discours qu’ils ont est de soutenir le premier Ministre Narendra Modi connu pour être islamophobe. On sent de grosses tensions dans les discussions car des anglais attablés avec eux leur expliquent que tous les musulmans ne sont pas terroristes. Certains essaient de venir s’asseoir à notre table mais nous leur expliquons que nous sommes avant tout des citoyens du monde, et ça ils ont du mal à le comprendre.

Khajurâho, Mercredi 7 février 2018

 

Hôtel : the Zostel Khujaraho

Adresse : Khajuraho Lal Bangla, Opposite Shiv Sagar Lake, Khajuraho, Madhya Pradesh 471606

Mail : reservations@zostel.com

Tél : 011-39589004

Prix : 18 euros la nuit, réservé via Agoda, excellente situation, déjeuner sur la terrasse en supplément (295 roupies, 4 euros pour 2 personnes)

Très bien pour les backpackers, chambres en dortoirs essentiellement, le prix indiqué est pour les chambres pour 2 personnes

 

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